La Poésie Lyrique

La poésie lyrique de Marceline Desbordes-Valmore s'inscrit dans le mouvement romantique, célèbre l'affection filliale aussi bien que la passion amoureuse. Admirée par les romantiques (Chateaubriand, Lamartine), l'oeuvre de la poétesse ne rencontre pas un succès durable.

Les Séparés

N'écris pas! Je suis triste, et je voudrais m'éteindre;
Les beaux étés, sans toi, c'est la nuit sans flambeau.
J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre;
Et, frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.
N'écris pas !

N'écris pas ! N'apprenons qu'à mourir à nous mêmes.
Ne demande qu'à Dieu....qu'à toi si je t'aimais.
Au fond de ton absence écouter que tu m'aimes,
C'est entendre le ciel sans y monter jamais.
N'écris pas !

N'écris pas ! Je te crains; j'ai peur de ma mémoire;
Elle a gardé ta voix qui m'appelle souvent.
Ne montre pas l'eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.
N'écris pas !

N'écris pas ces deux mots que je n'ose plus lire:
Il semble que ta voix les répand sur mon coeur,
Que je les vois briller à travers ton sourire;
Il semble qu'un baiser les empreint sur mon coeur.
N'écris pas !

Marceline Desbordes-Valmore "Poésies inédites, 1860"

Ce poème rythmé par l'anaphore, lui octroie une certaine modernité et le rapproche de la chanson, tout comme Prévert avec Barbara.




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